Se doucher au camp

Bouton HPPar Wapiti.

Beaucoup de scouts s’imaginent que la vie scoute les dispense d’un certain nombre de règles de savoir vivre, à commencer par la propreté. Certes, aux scouts on n’a pas peur de se salir, aux installations, pendant les olympiades, pendant les jeux. Et on s’y sali « généreusement »… Mais on n’hésite pas à se laver et à tenir ses affaires propres dès que les conditions le permettent (voir lavage et repassage au camp).

Il existe plusieurs sortes de toilette, celle du soir doit être respectée quasi systématiquement, cependant elle peut être réduite selon les circonstances. Si on ne se trouve pas au camp ou si les conditions ne le permettent pas, on se contentera d’eau froide. Normalement au camp il y toujours de l’eau chaude (voir les feux).

Un véritable chauffe-eau

La douche du Hérisson au camp scoutismeIl est possible d’améliorer considérablement les conditions de la toilette et de les rendre si attrayantes que se laver devient un jeu. Mais il faut de la préparation. Voici comment procéder. Un serpentin de cuivre prend la chaleur d’un feu et l’eau qui y circule vient peu à peu chauffer l’eau d’une sorte de cumulus. Cette installation doit être prévue longtemps à l’avance et exige des tests avant le camp pour ne pas devoir faire la mise au point pendant le camp, là où il serait impossible de trouver certain éléments qui assureraient le plein fonctionnement.

L’élément principal est un gros bidon industriel en plastic d’une contenance de 200 litres environ. En bas de ce bidon rempli d’eau part un circuit de chauffage qui prend la chaleur du feu de bois grâce à un serpentin hélico-spiral. L’eau chauffée revient au bidon par le haut. Il existe une circulation naturelle qui s’établit grâce à l’effet thermosiphon car l’eau chaude est plus légère que l’eau froide. Cependant, dans le but d’accélérer cette circulation, tout spécialement en cas de surchauffe qui conduirait à la création de vapeur bouillante, une « pompe » a été installée. Les scouts ont inventé là une pompe « à traire » fait d’un bout de chambre à air de vélo. Ce mécanisme d’un rendement douteux est revanche très simple et sans risque de panne.

Un deuxième circuit est installé à partir du bidon. Du bas, part un tuyau assez long qui va à la douche. Vers le haut du bidon est branchée une prise d’air qui permet de pressuriser le bidon et ainsi de chasser l’eau vers la pomme de douche. Cette mise en pression présente l’avantage de retarder un peu l’apparition du phénomène d’ébullition redouté dans le serpentin sur le feu. Pour cette mise en pression, il faut que le couvercle du gros bidon ferme de façon hermétique.

L’étanchéité des raccords constitue la principale difficulté technique de ce système de douche. Les raccords des tuyaux de cuivre et des tuyaux souples sont difficiles à réussir à cause de la chaleur qui ramollit énormément les tuyaux souples et qui rend les colliers de serrage inopérants. Le Hérisson a résolu ce problème en éloignant du feu ces raccords, en plaçant des isolateurs thermiques en fer (le fer conduit nettement moins bien la chaleur que le cuivre), et en choisissant une bonne qualité de tuyau souple qui résiste bien à la chaleur.

Lorsque le feu fonctionne de manière stable, le seul scout pompeur suffit. Comme il n’y a pas de robinet de douche, c’est simplement la pression, et donc le « pompeur » qui régule ou stoppe l’écoulement… avec beaucoup de retard, avouons-le. Lorsqu’un doucheur a terminé, il peut s’avérer nécessaire de compléter le niveau d’eau dans le bidon. On prendra bien sûr de l’eau froide mais on veillera à ce que le feu continue de chauffer régulièrement.

Après essais, il peut être intéressant d’isoler le cumulus pour mieux garder la chaleur de l’eau. La première chose à faire est d’isoler le bidon du sol.

Feu et serpentin

Quelques mots sur le serpentin. Il doit être de forme hélico-spirale. C’est à dire que, déployé ce serpentin prend la forme d’un tronc de cône. Cette forme permet une mise à plat en « galette » qui se range fort bien dans la malle. Il faut pendre un diamètre interne de l’ordre de 16 à 18 mm et la longueur totale du tube de cuivre sera d’environ 5 m. Le feu doit être alimenté régulièrement et souvent de bois moyens qui brûlent rapidement. Les cycles « feu étouffé – feu emballé » doivent absolument être évités. En cas d’emballement du feu il faut activer la pompe à traire pour éviter l’ébullition et le danger de la création de vapeur qui pourrait provoquer des brûlures sérieuses. On pensera à éloigner suffisamment du feu cette pompe à traire afin que le pompeur ne soit pas cuit par le feu qui s’emballe.

Cabine de douche

Pour la cabine de douche il existe plusieurs possibilités. Quatre piquets reliés par un cadre au somment peuvent recevoir une bâche. On peut choisir de laisser la vue au doucheur ou de monter plus haut que sa tête. Il est possible également de monter une très bonne cabine de douche avec des punchos montés en cerf-volant (voir bivouac cerf-volant).

La claie au sol est indispensable sinon après 2 ou trois douches une petite mare va se former puis un bourbier s’installer.

douche cabine et savon

Enfin, le cadre triangulaire pour recevoir le tuyau est impératif. Sans ce dernier, la manipulation est assez difficile et surtout, le tuyau se plie et coupe l’arrivée d’eau. Il est très fortement conseillé d’installer d’abord la suspension de la pomme de douche et de ne monter la cabine qu’ensuite. Ceci parce que bien souvent le triangle du tuyau de douche sera très simplement accroché à une branche qui ne pourra pas être déplacée par la suite.

Douche simplifiée

On peut simplifier la douche en supprimant le tuyau. Dans ce cas les baigneurs doivent puiser dans le cumulus avec une grosse écuelle et laisser l’eau tiède ruisseler sur leur corps. On mettra alors le cumulus quasi dans la cabine de douche.

Baignoire

À la place d’alimenter une douche, le cumulus peut alimenter une baignoire. La cantine de patrouille qui a été vidée de son contenu (rangé sur les étagères, les billots, les vaisseliers…) fera une excellente baignoire.Il sera sans doute nécessaire de boucher quelques trous avec du chewing-gum. Il existe plusieurs façons d’alimenter la baignoire, la plus simple étant de puiser dans le ballon et de verser dans la cantine. Faites des essais pour trouver comment l’installation fonctionnera le plus efficacement avec une patrouille de tant de scouts (ou guides)

baignoire au camp avec cantine Pour rendre la cantine étanche on peut utiliser une bâche très solide et absolument sans trou qu’on aura prédécoupée et qu’on fixera à la cantine avec du vrai scotch (voir plus bas l’excellent commentaire d’Olivier)

Penser au porte savon

Avec ces installations de toilette, on pensera au porte savon, au porte serviette et à tous les petits détails qui font la vie simple. Rien n’est plus désagréable que de perdre le savon en dehors de la cabine et que ce premier vienne se rouler dans la terre ou les feuilles mortes. À notre avis, le meilleur porte savon est une ficelle qui le transperce et qui l’empêche absolument de tomber à terre.

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2 réflexions au sujet de « Se doucher au camp »

  1. P.S. quand je dis « conseils expérimentés » je voulais juste dire conseils de techniques dont on a fait l’expérience et qui sont en usage! pas de prétention de ma part!
    J’apprends tout le temps, comme ce soir en vous lisant par exemple.

    Il me vient une idée: peindre en noir nos gros bidons bleus de 200litres pour en faire de robuste « douches solaires ».

    P.S. Si le terrain est en pente, une alimentation gravitaire est envisageable.

  2. Bonjour,

    Belles installations, mais avec des photos, c’est toujours plus crédible…

    Je souscrit entièrement à l’accrochage du savon sur une ficelle. Sans cela, un savon tombe dans la terre, est perpétuellement trop mouillé, et « fond » en quelques jours d’usages intensif.
    Avec sa ficelle, un savon pendu peu augmenter considérablement sa durée de vie: plusieurs camps!
    Début mai, lors d’un rassemblement de mille scouts, j’avais suspendu 8 savons pour le lavage des mains de tous. 8 savons pour 1150 scouts pendant un WE, et je les ai TOUS récupéré prêts à resservir! certes un peu réduits, mais quelle économie!

    Je découvre ici le coup de la sardine chaude, très bonne idée! je vais essayer, en effet pour l’instant je les perce avant le camp à la perceuse, faute de mieux….

    Pour la cantine, pour éviter l’accélération de rouille, je conseille notre solution: de la bache de camion (ou n’importe quelle toile étanche solide et de récup, vieille toile de barnums par exemple) le fond et les bords sont recouverts d’un grand morceau de cette bache, scotchée (scotch orange: le seul valable (résiste au temps, aux UV, à l’eau), ou mieux, le scotch de réparation de plomberie, mais très cher)

    Ainsi notre fond de malle est toujours lavable, et étanche, sain pour les gamelles. On a même un double fond pour que les grilles à feu ne tâchent pas nos gamelles propres.

    Voilà, c’était mes conseils expérimentés, pour améliorer sans cesse nos pratiques!

    Bonne douches!

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