Lessive et repassage au camp

bouton scoutPar Lama. Le coin des scouts -> Campisme

Autrefois lorsque les scouts partaient en camp, dans leur sac à dos ils emportaient A) du linge de rechange ; B) un sac de linge sale.

Au retour du camp, une espèce de chose brune et sentant le jambon fumé déversait sur le carrelage de la buanderie, un chargement de vêtements brunâtres empuantis de la tenace odeur de fumée. C’est une chose qui ne devrait plus arriver ; au camp il est parfaitement possible de laver et même de repasser les habits. La lessive et le repassage au camp procurent un avantage au départ du camp, pendant le camp et au retour du camp.

Avantage au départ

Au départ, il n’est plus nécessaire de se surcharger avec du linge supplémentaire. Il suffit de prévoir juste en double chaque type d’effet. Deux chemises : une d’uniforme et une de camp ; Deux shorts : un d’uniforme et un de camp. On en déduit au passage que chemise et short de camp auront le bon goût d’être assez proches de la chemise et du short d’uniforme. Lorsque l’un des deux sera au lavage, on portera l’autre. Par exemple la chemise de camp sera de la même couleur, sans insignes ou avec des insignes pas tout à fait réglos. Pour le reste des effets : deux paires de chaussettes, deux caleçons (on pourra compter le slip de bain comme caleçon), deux tricots de peau et ainsi de suite. On voit donc immédiatement que le sac à dos se vide sérieusement. Ensuite il n’est sans doute pas besoin d’emporter le fameux sac de linge sale.

Avantage pendant le camp

Rien n’est plus simple et plus drôle que de faire la lessive au camp. On peut utiliser les bassines du vaisselier mais attention, il faut qu’elles soient propres et cela n’est pas gagné si on y lave les gamelles pleines de noir de fumée. Si la patrouille ne dispose pas de bassine ou si ces dernières ne sont pas impeccables, alors il faut utiliser les gamelles de cuisine. Très simple, on fait chauffer de l’eau, pas la peine de bouillir, on tempère ou on complète avec de l’eau froide afin de ne pas se brûler les mains. Ensuite on mélange du savon de Marseille, celui dont on se sert pour se laver. Il suffit de commencer par se laver les mains au savon dans cette gamelle d’eau tiède dans laquelle se trouvent déjà les affaires à laver. Il suffit de malaxer et de patouiller les affaires assez longtemps. Bien vite l’eau devient boueuse. Il ne faut surtout pas la changer, tout au plus on rajoutera de l’eau chaude ou du savon. Lorsqu’on arrive plus à rendre l’eau encore plus sale il faut sortir ce que l’on lave et rincer à l’eau claire pour dégorger le savon mais aussi l’eau noire. Et là ATTENTION ! Il ne faut surtout pas essorer.

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Le secret du repassage au camp

Voici l’astuce. Il faut bien en comprendre le principe. Nous allons parler de la chemise car c’est à notre avis l’effet principal qui mérite vraiment d’être sans pli. Donc la chemise est rincée à l’eau claire (chaude ou froide) Surtout ne pas l’essorer. Il faut bien la garder trempée et aussi lourde que possible. On l’arrange sur un cintre qu’on se sera fabriqué auparavant. Mais alors, un vrai cintre, bien galbé qui soutien bien les épaules et le col. Sans doute faut-il boutonner les boutons. Il faut obtenir que la chemise trempée tombe bien nette, sans faux pli. Le poids de l’eau dans le tissu permet cette mise en forme. Il ne faut donc pas essorer pour deux raisons : A) En essorant on va chiffonner le tissu et le marquer d’une multitude de petits plis. B) il faut garder l’eau pour donner suffisamment de poids au tissu afin qu’il pende bien et se tende naturellement.

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Ensuite on laisse sécher. En été ça va vite, même lorsque la chemise est trempée au départ. Pour les autres saisons, on accélère le séchage en plaçant au chaud pas trop près d’un feu, attention à l’odeur de fumée. Lorsqu’elle est sèche la chemise a gardé exactement l’aspect qu’elle avait lorsqu’elle était trempée. Il n’y a donc aucun pli si on a fait attention de bien les retirer lorsque la chemise était trempée.

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La chemise est l’effet le plus compliqué. Les autres effets sont encore plus simples car souvent ils souffrent assez bien quelques plis, c’est le cas du short de camp par exemple.

Pour le foulard et d’autres effets qui pourraient lui ressembler, il existe une autre technique. Cette fois-ci on peut essorer mais juste après il faut tendre violemment la pièce afin de faire disparaître aussitôt la multitude de petits plis. Une fois tendu, l’effet est placé adroitement sur une corde à linge, ou sur un rocher ou encore sur l’herbe de la prairie. Le but est de conserver l’aspect tendu qui va se conserver jusqu’au séchage complet.

D’une manière générale, il faut faire sécher les affaires dans la position ou la forme qu’on veut leur voir garder une fois sèches.

Laver ses affaires au camp est un véritable plaisir, on profitera des journées repos, des retours d’explo, de la fin des installes et de toutes les périodes où l’on peut raisonnablement penser que les affaires seront vite sèches.

Pendant ces lavages, on essayera de se rappeler que si les affaires sont sales, les corps le sont certainement également et se laver à l’eau tiède est également un vrai plaisir.

Au retour, Maman est contente

Lorsque le scout revient du camp le tas de vêtement sale sera nettement plus raisonnable et Maman ne sera pas contrainte de faire tourner jour et nuit la machine à laver. Il n’est pas rare de devoir laver plusieurs fois les affaires pour venir à bout de l’odeur et de la couche brunâtre de goudron qui imprègne les affaires et que les campeurs ne sentent même plus tellement la fumée leur est devenue familière. Mais il n’y a pas que Maman, le conducteur du car est content également car au lieu de reconduire vers la civilisation 20 ou 30 jambons fumés qui vont imprégner les sièges de son car de leur odeur puissante il véhiculera les mêmes gaillards propres et fleurant bon le foin et l’humus des bois.

Fabriquer sa propre lessive au camp

Pour faire sa lessive au camp on peut utiliser du savon de Marseille mais on peut faire bien mieux et c’est assez rigolo. La cendre du feu de bois est utilisée pour fabriquer de la lessive. Ce procédé permet de récupérer la potasse contenue dans la cendre et il faut pour cela brûler du bois et de préférence des branches plutôt que du tronc (c’est exactement le cas des feux scouts).
La lessive obtenue lave bien et mousse fort peu ce qui est préférable car souvent l’eau de lessive risque de retourner à la rivière et se mettrait à y mousser, ce qui produirait des amas de mousse bien disgracieux.

Pour fabriquer de la lessive ,il faut prendre la cendre du feu de bois, retirer les gros débris, pierres, papiers alu, charbon de bois : bref, les débris qui flotteraient et ceux qui couleraient. L’idéal est de pouvoir tamiser mais il faut avoir prévu son affaire et avoir emporté dans la cantine un fin tamis.

Mettre la cendre dans une bassine ou un seau adapté mais surtout pas une gamelle en aluminium qui va se faire attaquer par la potasse. Il faut recouvrir d’eau de manière à porter le niveau à  environ 3 fois la hauteur initiale de cendre. Touiller et laisser reposer.

Touiller et laisser reposer de temps en temps et ceci pendant 1 ou 2 journées. si des débris remontent, ou de la mousse grise, les retirer avec une écumoire ou une petite passoire. Ensuite, dans une autre gamelle, verser doucement le liquide qui est devenu jaunâtre sans remuer le dépôt du fond. on peut utiliser un mince tuyau souple et siphonner. Si pendant cette opération le liquide s’opacifie à cause du dépôt, cesser et laisser reposer quelques instants. on peut incliner doucement le seau pour augmenter la hauteur libre de liquide. il n’est pas idiot de se fabriquer un semblant d’entonnoir et de filtre (haut de bouteille en plastique et vieille chaussette fine ou bas) cela arrêtera les plus petits débris et le liquide de lessive sera plus « appétissant ».

Lorsqu’il y a assez de liquide récupéré, on peut jeter le dépôt dans les fourrés. le liquide de lessive est devenu jaune et légèrement sirupeux.  si on n’a pas filtré pendant la récupération il faut le faire à ce moment et transvaser une nouvelle fois.Voici la méthode préconisée.
A) verser le contenu de la gamelle dans un bidon à l’aide d’un entonnoir (de cuisine ou fabriqué avec une écorce).
B) sur le goulot du bidon, fixer une chaussette propre.
C) reverser le contenu du bidon dans la gamelle, la chaussette va agir comme un filtre (attention, ça tend à couler un peu n’importe où, de là l’intérêt de verser dans une gamelle assez grande).
D) recommencer l’opération plusieurs fois s’il y a lieu, en nettoyant la chaussette à chaque fois. Si on est assez nombreux on peut utiliser un grand torchon tendu au-dessus de la gamelle pour le filtrage., c’est plus simple que la chaussette et on n’en met beaucoup moins à côté. Pour aller plus vite on peut faire chauffer modérément  la préparation, ainsi on peut tout faire dans la même demi- journée. Si on a utiliser un torchon on peut pressurer la pâte pour en extraire davantage de liquide. Enfin, il est recommandé de traiter souvent de petites quantités de cendres plutôt que de faire une seule fois  la méga production qui mobilise de gros moyens. Un simple quart de lessive peut laver les effets de plusieurs scouts.

La lessive est prête, elle fonctionne beaucoup mieux avec de l’eau chaude. C’est cette lessive qui peut être utilisée telle-quelle dans la machine à laver de Maman (dans le petit compartiment à lessive). Cependant il est préférable de mettre un peu de parfum dans cette « lessive des bois » qui ne sent rien. un peu de lessive industrielle parfumée fait l’affaire, ou un peu d’eau de Cologne, ou quelques gouttes d’huiles essentielles, ou autres idées à tester. Au camp, le « parfumage » n’est pas nécessaire.

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