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Opération Balerina

Maintenant les premier romans ont été réédités tous les quatre  : Le Corbeau de la Loue, La petite croix de Laponie, L’affaire KaBuK, Le dernier Camisard. Ils viennent s’ajouter aux trois nouveaux romans : Les Maudits du maquis, L’envolée de Verdun, Le bouquet du Rodia
Ces romans appartiennent à la collection Foulard vert pour les +14 ans
Nous lançons maintenant La collection Foulard Rouge pour le plus grands, nous plaçons la limite d’âge à 17 ans. Cet âge marque souvent le début de la formation professionnelle ou des études supérieures. en route pour l’âge adulte et les grands choix de la vie.
De la même manière que pour la collection foulard vert, chaque histoire est indépendantes et peut se livre seule. Cependant pour rester dans la « famille ». les héros de « foulard rouge » sont tirés de « Foulard vert ». ils avaient 16 ou 17 ans, les voila maintenant à l’âge jeune adulte, 20-23 ans. Ceux qui auraient lu toute la collection Foulard vert se souviendrons d’eux et ils leur paraîtrons familier d’emblée, mais pour les autres lecteurs, tout l’arrière fond du passé est expliqué au moment opportun et apporte les précisions et l’éclairage nécessaires.   Placé dans le monde actuel qui bouge très vite, nous essayons d’aborder les thèmes éternels qui passionnent les jeunes et qui ne vieillissent pas.

Oépration Balerina Par Anne Le Pape de PRESENT

Vous écriviez pour les adolescents, mais Opération Balerina s’adresse à un public plus âgé.
C’est vrai, j’écrivais pour l’âge adolescent (+14). Il est certain que mes histoires plaisent bien au-delà et particulièrement à ceux qui sont restés scouts dans l’âme. Pour Opération Balerina, j’ai voulu m’adresser aux grands adolescents et jeunes adultes (+17), je quitte les camps scouts, mais le héros a été scout, ce qui explique plusieurs comportements. Ici Kévin est le héros du « bouquet du Rodia », il n’a plus 17 mais 22 ans et se trouve confronté à des situations d’adulte, nouvelles pour lui : université, monde du travail, émois amoureux.

Vous savez capter l’attention du lecteur, mais cherchez-vous aussi à livrer un enseignement par vos romans ?
Un jeune esprit peut être profondément touché par des romans. J’ai été moi-même marqué par les romans scouts de mon époque, exaltant l’honneur, la fidélité et la fraternité. Je crois qu’il est plus efficace de former un jeune que de corriger un adulte. De nombreux adultes achètent et lisent des ouvrages très intéressants expliquant que tout va mal et pourquoi. Souvent, ces mêmes adultes laissent les jeunes se construire seuls. Tout en écrivant ce que j’aime, j’essaye de proposer une certaine réponse aux parents soucieux de véritable éducation. Mes héros font face à des situations réelles que rencontreront nos enfants. Ils réagissent, mais pas toujours comme le devrait un chrétien, d’où des complications et des rebondissements. À chaque fois, le bon chemin est clairement indiqué, par le chef, par l’aumônier ou par les parents.
Souvent l’intrigue trouve son origine dans l’Histoire. C’est l’occasion d’expliquer de manière accessible des pages d’Histoire souvent difficiles. Ainsi nos jeunes peuvent découvrir la révolte des Camisards dans les Cévennes ; l’occupation, la résistance et les Maquis ; la Grande Guerre et Verdun, la Finlande pendant la seconde guerre ; l’Histoire des Pays Baltes.

Votre roman comporte le récit de manipulations informatiques qui m’ont paru complexes… mais peut-être est-ce une question de formation et de génération ?
« Pousse-toi Papa, je te montre ». Les jeunes sont nés avec ces technologies et y naviguent avec une aisance qu’ignorent même les plus doués d’entre nous. Nous ne sommes pas formatés comme eux. Les opérations sur ordi qui apparaissent dans ce roman et que j’ai simplifiées au maximum sont à la portée de tous les jeunes. Ceux qui ne suivraient pas ont du souci à se faire pour leur avenir.

Votre héros se livre à des intrusions dans les boîtes courriel et des systèmes informatiques. Est-ce un exemple à donner ?
C’est là une conduite peccamineuse et illégale qui peut mener très loin. Ces intrusions sont insignifiantes au début mais elles deviennent plus sérieuses au cours de l’intrigue. Nous avons aussi là le comportement, typiquement masculin, d’un jeune énergique qui veut absolument un résultat. À la fin les choses vont beaucoup plus loin. À un moment, il y a des conséquences, une prise de conscience. Le bien et le mal sont alors clairement énoncés et il y a réparation.

Kévin se montre assez dur et brutal avec l’incroyante Qétura. Partagez-vous ce comportement ?
Kévin est un converti. Comme c’est souvent le cas, par l’absence d’exemple de ses parents ou de son entourage, il n’a pas bénéficié de l’enseignement de mise en pratique de l’Evangile sur le terrain de la vie. Comme beaucoup de convertis, Kévin est souvent manichéen, excessif et fougueux. Il possède la vérité et tant pis pour les autres qui ne veulent pas suivre. Son zèle est manifeste mais parfois brutal et méprisant. J’ai remarqué que ce zèle encourt la réprobation des chrétiens de vieille souche mais reste assez bien reçu par les incroyants en quête de vérité, comme Qétura. Je dois reconnaître que cette méthode « remède de cheval » donne parfois des résultats étonnants mais elle ne peut être appliquée à tous sans risquer de créer beaucoup plus de mal que de bien.

Les anges gardiens sont de la partie. Sont-ils pour vous des personnages à part entière ?
C’est dans le catéchisme : les anges gardiens existent, ils agissent dans notre vie. Nous ne les voyons pas mais lorsqu’ils s’occupent de nous, leur action est manifeste. Ils comprennent les situations mais ne lisent pas nos pensées, il faut leur parler explicitement si on a besoin d’eux. Chaque pays (même le plus petit ou le plus inhumain) est protégé par un ange gardien. Alors oui, ils agissent de temps en temps dans mes romans car la vie est une succession de fatalités ou de coïncidences pour les incroyants mais pas pour le peuple de Dieu.

Vous avez de beaux passages sur l’âme russe. Connaissez-vous bien ce pays ?
Lorsque j’ai écrit Opération Balerina, je connaissais la Russie par de nombreuses lectures mais l’une de mes grandes filles m’a dit : « J’aime beaucoup ce que tu écris: l’Estonie, les Pays Baltes, les ferries… c’est parfait, mais ça ce voit que tu n’es pas allé à Saint-Pétersbourg ». Aussitôt nous avons programmé une mission à Saint-Pétersbourg (des vacances spéciales). J’ai livré nos impressions de voyage dans un article pour Présent et ce que J’ai découvert m’a donné envie d’en savoir plus. Depuis, je m’intéresse à tout ce qui touche à la Russie, son économie, sa diplomatie, ses engagements, ses projets, ses coopérations, ses immenses étendues, ses peuples… Le foisonnement d’informations sur le net et les mappemondes virtuelles sont des outils de connaissance extraordinaires. Je découvre que, toutes proportions gardées, la Russie d’aujourd’hui est en train de devenir ce que la France aurait dû être si elle avait su digérer 1789. Grâce à ces récentes connaissances, je suis sur une nouvelle histoire (+17ans), qui se passera dans l’Oural Polaire, on y retrouvera Ivan et Macha ainsi qu’une nouvelle héroïne française.

quotidien PRESENT « Le Bouquet du Rodia » par Anne Le Pape

Le plus remarquable dans les romans pour adolescents de François Villars est que l’auteur ne s’en tient jamais à des thèmes convenus. Bien sûr, il y est souvent question d’un camp scout, mais pas seulement. Les livres s’adressent d’ailleurs à tout public, garçons ou filles, qu’ils pratiquent le scoutisme ou non. De quel âge ? Celui durant lequel on commence vraiment à vouloir sortir de l’enfance. Garçons de 14 ans, filles peut-être un peu plus jeunes.

Bien sûr encore sont mises en scène des aventures, « accrocheuses » mais toujours plausibles : pas de jeunes Rambo qui pilotent impromptu des hélicoptères ou qui sauvent des foules par leur courage, mais des adolescents d’aujourd’hui, confrontés à des scènes de tous les jours, ce qui est  essentiel pour leur apprendre à réagir.

L’auteur, lui-même père de famille nombreuse, connaît ses jeunes lecteurs, leurs goûts, leurs intérêts, leurs besoins. Il leur fait aussi découvrir des régions de France ou des pays étrangers qu’il a visités « de l’intérieur », par exemple, dans ce nouveau roman, ce pays catholique qu’est l’Estonie et son histoire mouvementée.

Mais surtout Villars, par le biais de la fiction, aborde en douceur des thèmes plus subtils. Dans Le Bouquet du Rodia, il y est question de la facilité avec laquelle un jeune garçon, même « bien sous tout rapport », peut glisser dans la vulgarité, et le moyen de s’en sortir par la découverte de la véritable beauté. Tout cela présenté au milieu de la plus brûlante actualité : même s’il ne paraît qu’aujourd’hui le livre, écrit en 2012, prouve que la fiction précède parfois les événements. Mais chacun sait que les écrivains sont souvent visionnaires…

ANNE LE PAPE

_ François Villars, Le Bouquet du Rodia,

éd. Arwann,  284 pages, 15 euros.

Le Bouquet du Rodia : C’est le nouveau roman de François Villars.

On reste dans la même veine, c’est un roman pour les adolescents, très actuel et qu’on ne peut plus fermer jusqu’à la fin.

Le thème centré sur l’extraordinaire puissance de la Beauté, pourrait laisser penser à un ouvrage de réflexion : on y réfléchit, certes , mais aussi on affronte toutes sortes d’urgence et de danger. Fort heureusement, Kévin 17 ans, n’a pas froid aux yeux et sais se débrouiller. On retiendra de ce livre la terrible réalité actuelle de la société et les drames épouvantables qui menacent les Français. D’ailleurs, François Villars à un peu bousculé le calendrier de ses publications pour faire paraître dès maintenant ce roman déjà écrit depuis plusieurs années afin de ne pas se faire doubler par l’actualité.

Cette histoire aura une suite aussi palpitante dont l’action se passe en Estonie puis à Saint-Pétersbourg. Mais il faudra patienter pendant une année.

Sans déflorer l’histoire voici un bref résumé :

 Résumé

Le Hérisson tourne vraiment bien, Kévin, son chef aguerri,  mène sa patrouille avec une fougue pleine d’efficacité mais pourtant sans finesse. Un certain soir de camp, c’est la faute ! Une faute sérieuse. Se pose alors au chef de troupe, seul témoin de ce grave dérapage, le difficile problème de sanctionner sans pourtant déshonorer. Finalement il trouve une solution juste qui, tout en résolvant ses propres soucis de logistique, donnera au fautif l’occasion de réparer. Mais les choses ne se passent pas vraiment comme prévu, Kévin doit déployer toute sa force et son habileté pour accomplir sa mission. Au bout de l’épreuve il découvre l’incroyable pouvoir de la beauté.

Mais cela suffira-t-il à éviter l’épouvantable drame qui se prépare dans l’ombre ?

 283 pages

20,5 x 14 cm

Prix 15 €

pour commander : Librairie Arwann

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L’Homme Nouveau 7 mai 2016

Par Marie Lacroix

 

– Cette année, la troupe de Rosnay campe à une vingtaine de km de Verdun, à l’ombre d’un château habité par une famille aristocratique sans le sou. La vie au camp bat son plein tandis qu’un archéologue poursuit ses fouilles dans le sous-sol du parc. C’est alors que les scout surprennent par hasard un photographe embusqué visant deux  jeunes filles. L’une d’elle, claire L’aînée des châtelains, est censée ne jamais fréquenter l’autre fille, occupant avec sa famille l’abbaye voisine, ennemie déclarée du château. Alors, quand on constate la disparition  de Claire, tous les soupçons sont permis. Dès les premières pages, le ton est donné ; un ton résolument scout avec la vie en plein air, les installations en bois, les jeux, les veillées et toutes les activités propres à ces jeunes épris d’idéal chevaleresque.
– Un roman qui plaira donc à tous les scouts, filles et garçons et même au-delà. Car si toutes les spécificités du scoutisme s’y retrouvent, elles en donnent les vertus morales et le cadre. Mais l’intrigue se noue entre des personnages qui ne sont pas scouts. C’est bien l’intérêt de ce livre de faire ressortir la différence entre les modes de vie et de rappeler quelles sont les « vraies valeurs ». Ce récit au style enlevé et rondement mené, aborde en particulier les difficultés de rapport entre les parents et les enfants : rigidité, trop grande sévérité, ou au contraire laxisme. Tout en  évoquant les familles recomposées.

Envolée de Verdun, critique des Cahiers Saint Raphaël

Verdun-Livre1000x1000Le centenaire de la bataille de Verdun approche et François Villars ne pouvait manquer cette occasion. Il présente donc un nouveau roman qui prend pour cadre les champs de bataille de Verdun et dont l’intrigue nous plonge au cœur même de cette page tragique de notre histoire. Les scouts installent leur camp et se mettent alors en place tous ces petits événements normaux et pittoresques qui en émaillent tout naturellement le déroulement. Pendant les explorations, un curieux compagnon se mêle à la Patrouille du Hérisson. Il les guide sur les lieux et leur fait revivre cette terrible bataille, les scouts sont sous le charme… mais est-il bien prudent de lui faire confiance ? C’est le doute qui ronge Thierry et Joël du Hérisson lorsque survient, au domaine de Vaudoncourt, un drame familial chez les hôtes des scouts et tous ces petits riens du début prennent soudain une autre résonnance pour rendre l’intrigue de plus en plus oppressante.

Dans un style et un contexte très actuels, François Villars nous livre ici un roman qui se trouve porté par le même souffle épique, mais aussi tendre et réaliste. On a bien du mal à s’arracher à la lecture car c’est à la fois palpitant mais tellement familier. À conseiller donc à tous les adolescents et particulièrement aux scouts et guides. Mais dans ce roman, les jeunes trouveront davantage que de l’aventure, en quelques pages bien enlevées, ils comprendront le véritable déroulement de la bataille de Verdun, le contexte réel de la Grande Guerre et les raisons profondes qui ont poussé les nations d’Europe à s’anéantir mutuellement.

François Villars se montre fidèle à ses engagements puisque après les « Maudits du Maquis », il a livré une nouvelle édition du « Corbeau de la Loue » la précédente étant épuisée. Cette nouvelle année il présente donc « L’Envolée de Verdun » et rééditera « La petite Croix de Laponie »… en attendant le roman suivant, mais ce sera dans un an.

Cet ouvrage, comme les précédents, peut être commandé sur la boutique du site arwann.com

Mission ARWANN à Saint Pétersbourg EMPLETTES

François Villars / Anne Lepape
PRESENT du vendredi 18 septembre 2015

Faites-vous écrire le monastère de provenance de l'icône
Faites-vous écrire le monastère de provenance de l’icône

Le rouble est encore très avantageux malgré la dépréciation de l’euro… profitons-en ! Mais qu’acheter à Saint-Pétersbourg ?

Les belles icônes ne doivent s’acheter que dans les églises. Comptez environ 35 000 roubles (500euros) pour un format 25 x 30 cm, il est très difficile de trouver plus grand. Il ne faut pas négocier mais demandez le nom et le lieu du monastère où elle a été peinte pour l’inscrire au dos.

Ne ratez pas la Maison du Livre à l’angle de la perspective Nevsky et du Canal Griboïedov. Elle est reconnaissable avec son dôme ogival en verre et bronze, c’était l’ancien quartier général en Russie des machines à coudre Singer. Vous y trouverez de magnifiques livres en français sur Pétersbourg et la Russie. C’est également là que nous avons pu trouver des cartes postales. Ensuite, montez à l’étage prendre un goûter au salon de thé avec vue sur ND de Kazan.

Les arcades des grands magasins.
Les arcades des grands magasins Bolshoy Gostiny Dvor.

Passez aux galeries marchandes Bolshoy Gostiny Dvor, ce grand bâtiment jaune à deux niveaux de type plazza sur l’Avenue de Nevsky est l’un des centres commerciaux les plus importants de Saint-Pétersbourg. On y trouve des boutiques de toutes tailles qui vendent des souvenirs, du caviar, des chaussures et des chapeaux, des vêtements en prêt à porter ou en création, des bijoux, de la musique, du parfum, des jouets et de magnifiques fourrures. Tous pourront se laisser tenter par les souvenirs et le caviar.

À peine plus loin, en s’éloignant au sud de la

Bien sûr de la vodka ! Les supermarchés regorgent de tous les produits.

perspective Nevsky, se trouvent d’autres galeries, bien moins chic mais bien moins chères, fringues et chaussures essentiellement. On peut « flasher » sur de nombreux articles, les femmes russes aiment beaucoup la couleur. Si vous appréciez les chaussures excessives, vous êtes au bon endroit : on trouve absolument tout et dans toutes les couleurs. Dans ce même coin, on peut tomber sur des occasions mais il faut se débrouiller en russe (au minimum avoir un dictionnaire avec soi). Ainsi, nous sommes entrés dans une boutique de mariage et l’une d’entre nous a pu clore son trousseau, en particulier avec un ravissant paletot en duvet de cygne pour seulement le prix de la location en France.

Enfoncez-vous ensuite dans les souks ouszbek, tadjik… beaucoup de vêtements pour femmes, en long, parfois en court et toujours très coloré. Là il faut marchander et faites-vous reconnaître comme Français. Dépaysement et coups de cœur assurés… La sécurité en prime.

Un kokochnik plaira forcément à une petite danseuse.
Un kokochnik plaira forcément à une petite danseuse.

Enfin il faut aller au Mega, Lenta ou autre enseigne de supermarché. C’est là qu’on trouvera au meilleur prix les spécialités russes : vodka et caviar bien sûr, mais on en découvre bien d’autres comme les concombres au miel. Tout y est parfaitement organisé, même pendant l’affluence on ne fait pas la queue aux caisses. Le poste de la caissière donne sur la file servie, c’est infiniment plus pratique que d’être séparés par le tapis. Bien souvent les palettes à peine ouvertes sont entrées dans les rayons, on peut y lire la provenance des denrées : Chili, Argentine, Uruguay, Afrique du sud, Turquie, Iran… pour les fruits, plus rien ne semble venir d’Europe. En revanche nous n’avons pas pu voir la provenance de la viande. Les habitudes alimentaires pour les laitages sont très différentes des nôtres et il nous a fallu tester de nombreux produits avant de découvrir quelque chose qui nous rappelle nos bons fromages blancs. Ce qui est certain, c’est que vous devez oublier pour un temps le goût de nos vrais fromages.

Notre réponse aux sanctions américaines
Notre réponse aux sanctions américaines

Enfin, si vous voulez rapporter quelque chose de véritablement typique, entrez dans une gare ou un bâtiment où passe beaucoup de public, des Russes, et trouvez une échoppe de T-shirt. C’est du Poutine sur une bonne moitié des vêtements : Poutine aviateur, Poutine capitaine, chasseur, judoka, agent secret, chevauchant un ours, un orque… et puis celui-ci en karatéka où, d’un magistral coup de pied, il frappe au menton la face d’un Obama arrogant. La légende en russe uniquement : Notre réponse aux sanctions américaines. Nous avons croisé pas mal de types qui portaient ainsi du Poutine, mais nous vous déconseillons d’essayer en France… Remarquez cependant que le problème reste le même si vous portez du Hollande !

Mission ARWANN à Saint Pétersbourg

Article paru dans Présent du vendredi 18 septembre 2015
propos recueillis par Anne Lepape

François Villars, vous revenez d’un séjour à Saint-Pétersbourg, qu’est-ce qui vous a conduit là-bas ?
— Je travaille sur trois ouvrages qui se dérouleront en Finlande, à Pétersbourg et dans les Pays Baltes. Je connaissais déjà très bien la Finlande, assez bien les États baltes mais pas du tout la ville de Pierre le Grand. Nous avons donc monté une mission Arwann pour nous imprégner de l’atmosphère de la deuxième ville de Russie. Nous y sommes allés en minibus et ferries, sans voyagiste, en supportant de perdre deux heures au poste frontière, à l’aller comme au retour. Il est indispensable de posséder quelques rudiments de russe, l’anglais est très rarement parlé. Pour mieux sentir la population et la ville, nous avons choisi de camper… très folklorique !

— Saint-Pétersbourg est célèbre pour ses palais, ses musées et ses églises, les avez-vous visités ?

La mission ARWANN devant Saint Sauveur par le sang
La mission ARWANN devant Saint Sauveur sur le sang versé

—Je n’ai qu’un mot : tout est magnifique. À Pétersbourg, tout est extraordinairement beau et cette beauté parle aussi bien aux initiés qu’aux âmes simples. Les restaurations de la résidence d’été, Peterhof (prononcez Petergof pour être compris) comme celle du palais de l’Ermitage, sur la Neva, sont exceptionnelles et rien, comme un vagin de la reine ou un homard géant en plastique, pour gâcher l’émerveillement.
Lors de notre visite à l’Ermitage, c’était le jour mensuel de gratuité, à l’heure d’ouverture il y avait deux files d’au moins 3 000 personnes chacune… Grâce à nos billets pris sur internet, nous sommes entrés les premiers et avons pu découvrir ce magnifique palais avant que la foule ne l’envahisse. Chaque salle est unique et offre un ravissement différent. Du temps de Pierre le Grand et longtemps après encore, il est certain que les moujiks ont souffert mais, aujourd’hui, chaque Russe possède pour lui cette beauté extraordinaire et, en ce jour de gratuité, les russophones supplantaient très largement les groupes de touristes.
Pour les églises et les cathédrales, je n’ai qu’un conseil, il faut absolument visiter ces merveilles le matin, dès l’ouverture, pour éviter l’affluence.

— En dehors du parcours du touriste obligé, où êtes-vous allés pour rencontrer l’âme de Pétersbourg ?
— Nous sommes allés sur la route, dans le métro, dans les gares, dans les bus et les trolleys, les tramways, les stations-services (35 roubles le litre de diesel = 0,48 euros), les supermarchés, les magasins, les cafés, les banques, les boutiques bon marché, les souks orientaux, la perspective Nevsky, les cités HLM, les nouvelles cités, les chantiers… partout. Pétersbourg est une ville récente, pas de ruelles, tout est large et spacieux et les immeubles n’excèdent jamais quatre étages, l’eau des canaux est partout.
Au-delà du centre-ville avec ses monuments se trouve une large ceinture « stalinienne » et, encore au-delà, une ceinture de bâtiments récents et modernes. La phase de restauration au centre semble presque achevée et il y a relativement peu de travaux en cours, mais il suffit de regarder au loin depuis l’immense dôme de Saint-Isaac pour découvrir une forêt de grues : Pétersbourg est une ville en pleine expansion. D’énormes travaux maritimes ont lieu pour que l’île principale de Vasilievski puisse accueillir toute sorte de ferries, rouliers et autres gigantesques navires.

— Quels sont les points qui vous ont marqués et que nous retrouverons sans doute dans ces prochains ouvrages que vous nous promettez ?
— Il y a tant à dire ! Mais je ne retiendrai que deux points. Le premier concerne la population : Pétersbourg étant la plus européenne des villes russes, je m’attendais à y trouver l’équivalent des Parisiens et des Parisiennes… quelle erreur ! Le cœur de la Russie a été initialement peuplée de Slaves ou Rus qui viendraient des Carpates, des Vikings ou

Palais de l'Ermitage : Tout y est extraordinairement beau
Palais de l’Ermitage : Tout y est extraordinairement beau

Varègues s’y sont mêlés. En revanche, l’empire russe d’aujourd’hui rassemble un grand nombre de peuples. Observons les frontières : des Finnois et des Scandinaves vers le nord-ouest, des Germaniques vers l’est, des Arméniens au sud-est, des Irakiens et de Iraniens plus loin au sud-est et, enfin, des Jaunes de tous types, dans toute la Sibérie et jusque sur les côtes arctiques. Cette grande diversité se retrouve dans les types russes. En se promenant sur la perspective Nevsky, (une fois retirés les touristes étrangers, très reconnaissables), on ne peut ignorer qu’on se trouve en Russie. Les hommes présentent en majorité des traits typiques rappelant un peu les mustélidés, ou alors ils ont la tête bien ronde, il y a également des profils d’aigles pour ceux du sud-est. Chez nombre de femmes, on distingue la touche hunnique, mongole, tchouktche, yakoute, nenètse : visage large, pommettes hautes, yeux très clairs, très expressifs et légèrement bridés, et souvent ce petit nez fin, en trompette, qui se termine en boule. Il y a beaucoup d’élégantes sur Nevski et elles aiment la couleur, contrairement aux Parisiennes qui n’aiment que le noir. Et les hommes ? Les hommes semblent ignorer le port du jogging et c’est tant mieux. Les jeunes gens m’ont laissé une impression de virilité bien supérieure à celle que l’on perçoit en France.
Nous avons été aussi très surpris du nombre de mariages rencontrés chaque jour : au moins cinq ou six, de toutes conditions sociales.
La nation russe réalise une cohabitation parfaitement réussie car il n’y a pas de déracinés, pas de racisme et… pas de complexes : dans le souk ouszbek, un peu derrière les grands magasins, pistolet mitrailleur approvisionné en bandoulière, j’ai vu un policier tout seul qui contrôlait deux « faciès » qui se tenaient à carreau. Imaginez la même scène aux puces de Saint-Ouen !

— Et le second point qui vous a marqué ?
— La vie est très simple malgré la technologie. Chacun s’adapte pour le détail et l’efficacité. Imaginez par exemple Paris sans péage, sans parcmètres, sans radar, sans caméras et sans encombrements ! Pourtant, ça roule et ça stationne et malgré ça, même aux heures de pointes, pas de coups de klaxon rageurs, pas d’énervement… juste de l’efficacité individuelle en plus de l’organisation générale. Mais il n’y a pas que la circulation qui donne cette impression, absolument partout, une multitude de petites gens « régulent » et préviennent les problèmes bien mieux que les caméras de flicage. À Pétersbourg, par exemple, on se gare énormément en épi (les rues sont toujours très larges), comme notre minibus est un peu long j’avais peur qu’il n’empiète trop sur la rue alors je l’avais garé davantage incliné… le « surveillant » d’un hôtel s’est levé et m’a expliqué que je devais me garer bien parallèle aux autres voitures. En somme, j’ai retrouvé l’atmosphère de simplicité des années 60 et 70… cette époque bénie, encore vierge de tout ce fatras de règles, de normes, de directives qui nous pourrissent la vie. C’est en quittant la Russie pour entrer en Estonie que j’ai brutalement pris conscience de cette simplicité… et il y a 12 ans seulement que l’Estonie a rejoint Bruxelles.
La Russie est en train de trouver son propre chemin, dans le plein respect de son identité et de sa grandeur.