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bouton scoutLe scout est l’ami de tous et le frère de tout autre scout

Facile à dire et beaucoup moins facile à vivre. Cet article nous enjoint d’être bienveillant, naturellement bienveillant. Il faut que cela devienne une seconde nature. Bien souvent il faut se forcer pour dominer ce mauvais instinct de caste qui s’empare de nous très facilement, ce mauvais instinct qui nous pousse à rejeter ceux qui nous fatiguent, nous énervent. Ce mauvais instinct d’envie.

Il se trouve qu’il y a beaucoup de mouvements de scoutisme en France. Il se trouve que bien souvent les grands chefs des différents mouvements semblent se tirer dans les pattes. Peut-être ont-ils leurs raisons, peut-être le font-il pour leur survie ou celle de leur mouvement. Ce n’est pas à nous de juger. À notre niveau appliquons-nous à vivre vraiment cet article.

D’abord vivons-le entre scouts et guides et soyons naturellement bienveillantes envers tous ceux qui portent le foulard même s’ils n’ont pas tout à fait le même credo que nous, ni les mêmes coutumes. L’agressivité n’apporte jamais rien de bon. En week-end, rien de plus simple que de venir saluer des guides qui camperaient à proximité. Saluer simplement et se souhaiter du bien. Pas plus. Pas question d’organiser des activités communes, comme ça, en pure improvisation. Pas question de se vider la nuit. Un scout du temps de nos parents a bien failli se retrouver avec une hachette plantée dans le crâne parce qu’un CP imbécile avait imaginé de vider la nuit une patrouille de SdF.

Se souhaiter sincèrement du bien cela se nomme la bienveillance. C’est un excellent exercice de charité, mais bien plus encore d’humilité. Concrètement : on salue, on s’enquière du port d’attache de l’unité, de la patrouille, des garçons et on demande si rien ne leur manquent ou si on pourrait faire quelque chose pour eux. Et ça, quel que soit le mouvement ou même s’il ne s’agit que d’un rassemblement informe. Les gens qui courent la forêt et y dorment doivent toujours déclencher en nous un a priori favorable. De même que des baptisés doivent toujours être considérés comme nos frères dans le Christ.

Une fois, toujours du temps de nos parents, une patrouille FSE avait donné de son eau à une patrouille SUF qui en manquait cruellement au milieu d’un causse désertique. Suite à ça, le chef de troupe SUF s’était donné la peine d’écrire pour remercier et indiquait qu’il allait sérieusement revoir son attitude vis à vis des FSE à cause de cette charité toute simple. Il s’agissait de gens des Yvelines pour les FSE et de Bordeaux pour les SUF.

« Chef, chef, moi j’aurais fait pareil  » Ah ouais ? Tu sais ce que ça signifie donner avec le sourire ses cinq litres d’eau portés pendant des dizaines de kilomètres, d’accepter de te passer de la tisane du soir, d’accepter d’avoir soif à la place d’un petit crétin de CP imprévoyant qui appartient à un mouvement qui dénigre le tien ?

Ne faisons pas l’erreur de croire que ce type de bienveillance vise à une certaine efficacité. S’il y a une efficacité, c’est simplement un effet secondaire. Que ce CP et ses types aient soif ou pas n’a aucune importance en soi. Le Bon Dieu nous demande la bienveillance pour Lui-même et non pas pour la grande solidarité humaine. Il s’agit de ressembler à Jésus pour que le Bon Dieu trouve en nous un petit quelque chose qui Lui rappelle son Fils. Comme nous-même aurons été bienveillants, Il le sera pour nous au jour où nous plierons définitivement le camp. Nous devons simplement viser à rendre la vie un peu moins dure, un peu moins laide pour ceux que nous aurons côtoyés et cela pour l’amour de Jésus. Et c’est cette action qui est agréable à Dieu et non pas que l’humanité terrestre progresse vers plus de bonheur et de solidarité.

Mais attention, attitude fraternelle ne veut pas dire mélanger les genres. Chacun son style, chacun sa façon de faire, pas d’œcuménisme mais de la bienveillance. Il se peut d’ailleurs que nous ayons à reprendre certains scouts d’autres mouvements qui agiraient mal sans nécessairement s’en rendre compte. Là aussi, il faut formuler des remontrances avec une extrême délicatesse et une extrême bienveillance, se torturer un peu les méninges pour réellement faire de la pédagogie. C’est simple, mettons-nous à la place des autres et imaginons notre réaction si nous nous faisions agresser verbalement par des redresseurs de torts.

« chef, chef, t’es sympa avec tes idées « peace & love » mais souvent nous nous faisons salement bâcher et insulter. Doit-on se laisser faire ?« 

Non, on ne se laisse pas faire mais on ne fait pas de surenchère. Souvent une simple démonstration d’ordre et de discipline tempère sérieusement les quolibets. Très souvent, une réponse dénuée de toute agressivité, voire bienveillante, désarme totalement les gars d’en face. Un truc qui marche très bien si vraiment on est en infériorité et que les invectives sont mauvaises : demander à parler au chef. C’est réellement efficace. Ça rétablit immédiatement la balance. Si en face il n’y a pas de chef, le CP reprend immédiatement l’avantage. S’il y en a un, ce dernier se trouve conforté et valorisé, un dialogue peut s’instaurer alors qu’il est impossible avec une meute. Un autre truc qui marche très bien également c’est demander un service… C’est redoutable pour dégonfler instantanément la provocation et instaurer une certaine sympathie. Mais si vraiment les gars (ou les filles) d’en face sont trop nombreux et trop agressifs alors il vaut mieux se taire et ne pas répondre mais absolument rester en ordre et ne pas montrer qu’ils nous impressionnent.

Jésus nous a donné la macro règle du jeu : les béatitudes, Il n’a jamais prétendu donner la solution pour tous les cas de figure. Il a dit aussi « aimez vos ennemis ». Cela ne signifie pas que l’on doive se laisser tondre la laine sur le dos et se rendre avant même d’avoir combattu. Ça veut dire qu’on doit défendre ses intérêts sans en vouloir à celui qui nous agresse… Et c’est bien dur. Il faut voir en l’agresseur un simple instrument que le Bon Dieu nous envoie pour nous éprouver et non pas un type à abattre. Peut-être bien aussi que le Bon Dieu nous envoie ces types pour les convertir… Avec un sourire, c’est tellement facile. Très souvent Dieu ne nous demande que le premier pas, comme un acte de confiance absolu et Lui se charge alors du reste.

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