Bivouac fondu dans la nature

Bouton HPSavoir camper semble à la portée de n’importe qui de nos jours, le matériel moderne est de mieux en mieux conçu. Mais si nous l’adoptons sans discernement nous sommes bien près de perdre le style et l’esprit scout. Ce serait bien dommage car l’esprit scout n’est autre que l’esprit des béatitudes, et l’esprit des béatitudes c’est le secret pour traverser facilement et joyeusement cette vie terrestre sous le regard de Dieu. C’est le talent des humbles pour qui la vie au milieu du monde n’est qu’une façon de grand jeu, avec comme récompense la vie éternelle en Dieu.

Alors ne nous jetons pas avidement sur les gadgets sophistiqués des campistes mais apprenons à camper ou bivouaquer sans nous encombrer de matériel, aussi simplement qu’ont pu le faire la Sainte Vierge et Saint Joseph sur le chemin de Bethléem ou en fuite vers l’Égypte. Il y a énormément de choses à apprendre : les feux, le bivouac, la tente, le couchage, la veille, la cuisine, le repas, la vaisselle…

Nous allons commencer par le lieu de bivouac. Bien le choisir c’est vivre une soirée de rêve, passer une nuit confortable et se réveiller en forme pour déguster un PDDM appétissant.

Discrétion = Sécurité

haloTout d’abord, une des règles essentielles c’est la discrétion. Il faut que le bivouac soit enfoui dans la forêt et qu’il s’y fonde afin de passer inaperçu. C’est d’abord une règle de sécurité et c’est ensuite une règle de savoir vivre. On choisira donc un lieu touffu et si possible plutôt dans une dépression que sur un monticule. (Attention, par temps très humide de ne pas s’installer dans une cuvette qui se remplirait). Les lieux touffus ce sont les cépées, les taillis, les halliers. Il faut absolument fuir les futaies même si le sol y paraît plus accueillant. Tout d’abord dans une futaie il y a peu de troncs et une flamme s’y repère jusqu’à 500 m. Il y a donc toutes les chances pour que l’emplacement du bivouac puisse se repérer depuis un chemin ou pire, depuis une route. Rien de mieux pour une visite nocturne de gendarmes (même si on est en règle ce n’est JAMAIS agréable). Une visite de loubards en maraude le samedi (excités ou éméchés) est le pire qui puisse vous arriver. Même si un effort particulier a été fait pour occulter la vision directe de la flamme, celle-ci vient illuminer les grands troncs, lesquels la diffusent à leur tour… Et plus les troncs sont hauts, plus le halo de lumière se voit de loin.

Chute de branches ou de troncs

Ensuite une futaie est dangereuse, les arbres sont tous plus ou moins chargés de grosses branches mortes qui finissent un jour ou l’autre par tomber… Et la nuit aussi. Il est donc imprudent de rester longtemps à un même endroit. Il arrive aussi que le vent se lève soudainement et que l’un de ces géants s’abatte. Mieux vaut ne pas être coincé dans son duvet à ce moment. La grande tempête du 26 décembre 1999 s’est levée d’un seul coup au petit matin et a jeté au sol des millions d’arbres énormes. D’autres coups de vents plus ou moins violents et soudains s’abattent régulièrement sur nos contrées. Enfin il faut fuir les futaies car elles sont très pauvres en bois mort, surtout en brindilles et bois moyen qui sont indispensables pour lancer le feu. Il faudrait s’éloigner assez loin du bivouac pour trouver du bois et l’usage inconsidéré de la lampe torche signalera à tous qu’une bande campe dans le coin.

Choisissons donc notre bivouac dans un hallier profond qui nous cache à la vue des hostiles, et au sein duquel nous sommes en sécurité, qui nous fournit du bois mort et des brindilles en proximité immédiate et qui enfin nous fournit du bois de construction car un bon bivouac s’établit sans monter la tente ou du moins sans la monter de manière traditionnelle.

Pas de bruit

Mais la discrétion ne se résume pas à éviter de se faire voir, il faut aussi se taire au maximum. La nuit les voix, et surtout les « gueulantes », portent plus loin parce que le silence s’est établi dans la forêt. C’est dur de ne pas crier ni couiner, cela suppose une patrouille entraînée, au sein de laquelle chacun sait ce qu’il doit faire et dans laquelle le CP n’a pas besoin de donner de la voix. Raison de plus pour garder tout le monde sous la main et ne pas avoir besoin d’aller au loin chercher du bois mort. Attention aussi aux grosses branches qu’on fait craquer ou aussi aux coups de hachette qui portent très très loin dans la nuit. Il faut absolument préférer la scie qui est silencieuse et bien plus efficace et qui est capable de couper des rondins de bon diamètre. Prendre impérativement une petite scie à cadre tubulaire, pas plus de 50 cm, et qui peut se porter sur le dessus d’un sac.

Attention à l’odeur du feu

Il reste une dernière façon de se faire repérer en bivouac : l’odeur du feu. C’est plus difficile à gérer mais il faut observer quelques règles simples. Préférer du bois moyen à du gros bois, ne pas faire brûler de bois vert, éviter les essences denses comme le chêne qui ne brûlent correctement que dans un foyer bien chaud. D’une manière générale éviter de faire fumer le feu. Une odeur de fumée peut se repérer à plusieurs kilomètres. Le feu de braise ne sent rien et il éclaire peu à l’extérieur. Il faut essayer de garder son foyer proche de cet état.

Maintenant mettons-nous à la place d’un non-scout : Garde forestier, gendarme, quidam ou type mal intentionné.

–    il repère une odeur de feu de loin : il sait qu’il y a des campeurs, il écoute.

–    il entend des éclats de voix ou des coups de hachette au loin : il localise la direction. Il peut s’approcher

–    il repère l’éclat direct de la flamme ou la réverbération du feu sur les troncs : il sait ou vous êtes.

–    il « s’invite » chez vous. Ça peut être pour du bien, du moins bien… Ou du pire.

Soyons toujours discrets. Pensons que les animaux nous invitent dans la forêt et ayons à cœur de ne pas les déranger.

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