La BA, point clé du scoutisme

baden_powell_portrait - CopiePar Lama.

                   Quelle est la première obligation du scout » demande le chef au futur promettant.
                  La bonne action quotidienne » répond ce dernier.

Combien de scouts respectent-ils cette obligation qu’ils se sont librement imposée lorsqu’il ont promis ? Et qui comprend vraiment ce que signifie la BA et quel est son rôle ? C’est précisément le but de cette page : de mettre en lumière le rôle clé de la BA : la définir et comprendre son action. 

Ce qu’est la BA

BA, Bonne Action est une mauvaise traduction de l’anglais et donc de la pensée de Baden Powel. Bonne Action prétend traduire Good Will en anglais. Une traduction plus fidèle serait « bon tour ». En réalité, le but de la BA est de réaliser une bonne action sans se faire repérer, surtout pas de celui qui en est le bénéficiaire. C’est un acte gratuit altruiste sans récompense terrestre. La BA n’est pas de bien faire ce que le CP nous a demandé, ça c’est le « boulot normal ». La BA c’est le truc en plus gratuit et sans récompense. Un exemple ? Le novice auquel le CP a demandé une corvée de bois a rapporté quatre malheureuses branches. Le troisième voit ça, il sent que le nono va se faire souffler dans les bronche et, subrepticement, il complète la corvée de bois.  Si bien que le CP félicite le novice.

Les BA ne se complexifient pas du tout lorsque le scout grandit et devient adulte, au contraire. L’habitude aidant, les occasions se multiplient. Par exemple ce chef de service, dans les toilettes, ramasse-t-il les déchets d’essuie mains en papier que les autres ont négligemment laissés tomber à terre. Ou alors sur le parking il nettoie la crotte d’oiseau tombée sur la voiture d’à côté.

Une BA = dans le secret et rien que pour les yeux du Bon Dieu + un petit rien qui bénéficie à un autre + et ceci TOUS les jours.
Les occasions de BA sont innombrables. Et les contrefaçons innombrables également.

Pourquoi la BA ?

Une question vient alors immédiatement à la bouche : à quoi donc peut servir cette BA, quel rapport avec la promesse ?
Il a exactement deux raisons à la BA ainsi conçue.

Premier but de la BA : Entraînement à Vivre la loi scoute

Un grand filet est fait d’une multitude de petits nœuds. Autrement dit, un grand et bel engagement comme la promesse est composé en réalité par une multitude de petites actions « dans le bon sens ». S’engager à respecter la loi scoute est assez difficile. Il faut se mettre au travail immédiatement, c’est à dire qu’il faut commencer l’entraînement quotidien car, pour respecter de grandes choses, il faut être capable d’en respecter de petites. Et comme les BA sont de petites choses elles sont faciles et il est possible d’en faire souvent. La BA c’est une par jour. La BA c’est l’un des articles de la loi au hasard, volontairement appliqué, au hasard de la journée et au hasard des situations qui se présentent. En respectant la BA quotidienne on est sur la bonne voie pour vivre réellement la loi scoute. Si on ne respecte pas l’obligation de la BA, si tous les jours en n’entretient pas son idéal, le bel engagement de la promesse risque de s’éroder, de s’effriter puis de s’affaisser. Il ne faut pas que l’engagement de la promesse ne dure que le temps de l’émotion qu’elle procure.

Deuxième but de la BA : S’ouvrir à la grâce

Prendre l’habitude d’un bon tour quotidien c’est se contraindre à la bienveillance. La bienveillance ainsi acquise et régulièrement entretenue est comparable au rodage nécessaire pour les pièces mécaniques. Celles-ci ont été correctement usinées mais il faut ce doux frottement qui va produire une adaptation parfaite d’une pièce vers l’autre. Sans ce rodage les pièces peuvent gripper et la machine va coincer… La société coince car il n’y a plus de bienveillance : on jette ses papiers de bonbon par terre, on dénigre son chef qui nous a fait une petite remontrance, on insulte le conducteur qui nous ralentit sur la route, on fait un procès à son voisin pour des peccadilles. Pour « gérer » toutes ces méchancetés, il faut des lois, des règlements, des médiateurs, des juges, des gendarmes des avocats, des tribunaux, des amendes, des prisons… et on s’aperçoit que tout ceci n’est pas nécessaire au camp scout.

La BA nous incite à toujours rester bienveillants et donc à toujours voir le bon côté des choses. Voir les qualités des personnes avant de s’attarder sur leurs défauts. Voir les bonnes intentions, les efforts… et c’est ainsi que le scout ou l’éclaireuse s’ouvre à l’action de la grâce en soi et la facilite grandement en lui offrant un terrain particulièrement propice. Sans un terrain suffisamment sarclé et biné, la grâce reste inopérante, comme la graine du semeur tomée sur le chemin… et c’est bien dommage pour tous.

La réalité de la BA dans les troupes

Soyons honnête et réaliste : les Chefs ne respectent pas la BA. Cependant nuançons ces propos : les chefs ont certainement un bon esprit scout et donnent certainement le bon exemple par leur comportent scout.
Ce que je veux dire c’est qu’ils ne jouent pas le jeu de la BA. Pour eux, la BA n’est pas LE truc important de la journée, et donc la BA n’est pas LE truc important pour les scouts ou les guides. Sans BA quotidienne pas d’entraînement à l’idéal scout. Sans la BA on obtient une certaine solidarité de bande mais pas la communion des cœurs.
Cela ne signifie pas que cette unité tourne mal, cela signifie que cette unité ne tourne pas aussi bien qu’elle le pourrait, toutes choses égales par ailleurs.
Dans certaines entreprises qui tournent vraiment bien (souvent des entreprises japonaises) chaque employé (ce qui signifie TOUS les employés, du balayeur au PDG) doit améliorer quelque chose chaque jour. Ces entreprises tournent bien, non pas à cause de ces améliorations quotidiennes, mais à cause de l’état d’esprit de tous ses employés qui restent tendus vers le même but : mieux travailler, être sans cesse plus efficaces et finalement satisfaire le client, but ultime de l’entreprise (avant même celui de gagner sa croute).
La BA c’est la même chose, tous restent tendus vers l’esprit de bienveillance pour que règne l’amitié au camp (ou dans nos familles). Voilà comment on peut alors réellement aimer le prochain comme soi-même et le Bon Dieu par-dessus tout.
Relisons le texte de la promesse et prenons conscience que chacun de nous a réellement promis :

Sur mon honneur et avec la grâce de Dieu,
Je m’engage à servir de mon mieux,
Dieu, l’église et ma Patrie,
à aider mon prochain en toute circonstance,
à observer la loi scoute
et à rendre chaque jour un service à quelqu’un

bien sûr, e texte de la promesse varie d’un mouvement à l’autre et il est bien dommage que le dernier engagement, celui de la BA, ne soit plus énoncé solennellement.

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