Le cafard d’un scout

baden_powell_portrait - CopiePar Lama.

Il n’est pas rare que se développe au camp un problème de cafard chez un jeune. Sans doute avez-vous l’un ou l’autre rencontré ce problème alors que vous étiez scout ou CP. Maintenant que vous êtes chef il faut agir mais surtout prévenir.

D’abord qu’est-ce que le cafard ? Ce n’est qu’une grande tristesse qui résulte d’un mal-être, le moral est à zéro, et l’enfant veut partir du camp et retrouver ses parents. Pour régler ces problèmes de cafard et surtout pour les prévenir, il faut bien comprendre qu’elles sont les composantes d’un « bon moral ».

Les composantes du MORAL

Le moral est une combinaison de trois vecteurs donc le dosage dépend de chaque personnalité. Si ces trois composantes sont trop basses ou si l’une d’entre elles seulement est particulièrement basse le moral vient à s’écouler.

L’affection que l’enfant ressent. Il doit à la fois se sentir « aimé » ou apprécié et ressentir la même chose vers les autres… au moins vers un seul.

L’affection est sans contexte la composante la plus importante et elle l’est d’autant plus si la part « enfant » de notre adolescent est prépondérante par rapport à sa part « adulte ». Souvent ce manque d’affection est cruellement ressenti par les novices qui effectuent leur premier camp et tout particulièrement par des enfants introvertis. Ce risque de déficit d’affection est encore accru si ce garçon est arrivé en cours d’année.

Le bien-être physique ou le confort. Les conditions de vie doivent être, sinon agréables, au moins supportables sans trop de difficultés. Les conditions matérielles du camp peuvent devenir un puissant facteur d’aggravation. Il fait froid, on mange mal, on dort mal, les installes sont mal fichues, ratées ou inexistantes. Voilà de quoi déclencher le cafard d’un novice qui dans le même temps ressent durement la privation de son cocon familial et les conditions de vies préhistorique de la troupe.

Les perspectives ou la projection dans l’avenir, la situation imaginée doit être enviable et attirante. Sans la moindre perspective réjouissante ou attirante, le moral déjà bien bas de cet enfant sombre littéralement. En clair, la suite des jours du camp est perçue comme la répétition infinie de son cafard actuel qui ne pourra alors que s’aggraver jusqu’au désespoir le plus noir.

Résignation ou fuite

Il faut bien comprendre la nature de ce sentiment de désespoir, c’est un profond mal-être en face duquel l’enfant se sent totalement impuissant. Dès lors il ne lui reste que deux solutions : la résignation et la fuite.

La résignation est l’attitude normale d’un adulte qui constate son impuissance, c’est également l’attitude de ceux qui possèdent un peu de caractère. La fuite c’est comme un petit suicide. La fuite procède exactement des mêmes mécanismes que ceux qui entraînent le suicide. Le suicide est la fuite « ultime » car la situation actuelle est insupportable. Littéralement, on ne peut plus la supporter, la raison fondamentale vient de l’anéantissement du moindre espoir. Même hypothétique, la plus minime des améliorations ne peut même plus être imaginée : c’est la définition du désespoir.
Cafard = risque de fugue
Le chef fera donc très attention à ces problèmes de cafard qui ne sont certainement pas à traiter par-dessus la jambe, c’est un problème sérieux, cela ressemble à un « suicide » (en beaucoup moins grave bien sûr). Une fugue n’est pas très agréable à vivre pour une patrouille, pour une troupe et surtout pour un chef. Si par malheur une fugue est constatée, il faut immédiatement prévenir la gendarmerie. Le fugueur restera marqué à jamais par ce « petit suicide » les autres oublieront mais le camp aura un goût amer. La seule façon efficace d’effacer cette mauvaise impression consistera à salir le fugueur… ce n’est pas très scout car s’il est vrai que le fugueur porte beaucoup de torts, ceux qui n’ont pas vu, pas entendu, pas aidé ou qui ont même raillé le cafardeux sont certainement fautifs eux aussi.

D’abord la prévention

Le risque de fugue se traite d’abord par la prévention en amont du camp. On fera attention à qui on emmène au camp : caractère introverti, premier camp, faible ancienneté = risque de cafard.

Une bonne technique

Ensuite, eh bien ! Il faut une bonne technique. Les patrouilles doivent bien manger, avoir de bonnes installes, savoir se chauffer, se laver… bref maîtriser la vie scoute. Il se peut qu’il pleuve… qu’il pleuve trop longtemps. Il faut être à la hauteur, savoir tendre des bâches, savoir sécher les effets mouillés, manger chaud, laver la vaisselle et se laver à l’eau chaude etc. En cas de pluies persistantes, le CT n’hésitera pas à alléger ce qui peut l’être dans le programme de camp ou celui de la journée afin de laisser du temps aux patrouilles pour combattre efficacement les effets de la pluie.

Pas de glandage.

Lorsqu’on n’est pas assez occupé, on a le temps de ruminer des idées noires. Surtout par temps de pluie il faut toujours rester actif et faire des choses motivantes, c’est bien mieux que rester vautrer sous la tente à se lamenter.

Au moins un copain et Valoriser

Il faut également veiller aux amitiés. Le CT doit se promener dans les patrouilles et doit remarquer les garçons introvertis qui n’ont pas de copains. Aux premiers CDC le CT doit aborder ces problèmes et il ne doit pas se contenter de réponses vagues du type : Ouais, un tel ça va bien. Si un risque de cafard est détecté, il lui faut une « gentille nounou » qui prendra alors très au sérieux son rôle. Ce rôle est de valoriser le cafardeux et surtout l’aider à trouver sa place dans la patrouille et la troupe. C’est le manque de reconnaissance qui est interprété comme un manque d’affection. Chaque garçon ou fille a des points forts qu’il faut découvrir chez les introverti et qu’il faut mettre en valeur. C’est dans cette action qui réclame un peu de douceur et d’attention que réside le meilleur remède contre le cafard. C’est le CT qui devra donc veiller à ce que chacun des nouveaux trouve une véritable place dans la patrouille ou la troupe

De l’aventure

Enfin il faut que le camp soit véritablement une aventure. J’ai vu un cafardeux radicalement se transformer dès qu’il a été assis sur sa chambre à air de radeau. C’est assurément le manque de perspectives réjouissantes qui pousse le cafardeux à la fugue. Parfois c’est la perspective d’une effort trop grand qui le mine. J’ai connu un scout -pourtant un peu aguerri- qui fondait en larmes après avoir compté les courbes de niveaux à franchir pendant l’explo (il est vrai que le camp se déroulait dans les Alpes). Un autre, peu habitué à la piété, devenait blanc à la pensé des toutes les dévotions chaque jour.

Si ça arrive => Les remèdes : fermeté et souplesse

Lorsqu’un véritable cafardeux est décelé, il est possible au CT d’alléger voire de supprimer le fardeau qui paraît insupportable (dans la limite du raisonnable). Au premier (celui qui comptait les courbes de niveaux) on pourrait l’assurer qu’il sera déchargé de son sac (par exemple). Au second on pourrait le dispenser de messe. Dans les cas de cafard, il faut de la fermeté dans le fond : Non tu ne partiras pas et tu n’iras pas rejoindre tes parents. Mais il faut de la souplesse dans l’application. Le risque principal réside dans la réaction des autres patrouillard face à ces mesures libérales. C’est la raison pour laquelle, le cafard est un vrai sujet de CDC pour le CT et c’est un vrai devoir pour CP et second de patrouille que de soutenir le cafardeux.

Il est bien certain que jamais un scout qui accepte de faire la « nounou » ne remplacera la véritable Maman mais ce qu’il faut obtenir c’est que le cafardeux parle et extériorise son mal. Les autres ne devront surtout pas rigoler mais écouter, poser des questions pour susciter encore des paroles.

Doit-on prévenir les parents ?

C’est une question bien délicate pour le CT. En cette matière, seul son discernement lui permettra d’y voir clair. Bien malheureusement, beaucoup de parents ont des notions sommaires sur l’éducation et leur premier mouvement sera de se porter au secours du pauvre petit qui appelle à l’aide. Ils accourront pour le sauver à tout prix. Il vaut mieux ne pas prévenir cette catégorie de de parents. D’autres parents sont plus raisonnables et ils seront capables de remonter le moral de leur enfant en écartant d’emblée toute idée de retour au bercail avant le terme du camp.

Se pose immédiatement la question des téléphones portables. Pour le camp on n’a pas besoin de téléphone portable, éventuellement seuls les CP en explo ou en grand jeu pourraient en avoir besoin mais aucunement les autres. Le CT ramassera donc les téléphones, les mettra en sûreté et les rendra à la fin du camp. Cette mesure doit être annoncée dans la circulaire qui explique le camp et ses modalités.

Nota : les dispositions légales pour les camps stipulent que soient affichés les N° de téléphone pour permettre à des enfants maltraités au camp d’alerter les instances adéquates. Ces directives ne stipulent pas que les enfants doivent disposer d’un téléphone personnel.

Retour en haut

page précédente : l’aumônier au camp
page suivante

Une réflexion au sujet de « Le cafard d’un scout »

  1. Bien content de revenir vers la tribu du lama !
    possède une demi douzaine de foulards « rose impérial »
    qui pourrait aller avec une bordure jaune : cadeau d’une
    amie anglaise pour les anciennes du Groupe du SAINT
    SANG, très anciens de la FSE, première mouture …
    SI cela t’intéresse … Ils sont à toi …
    JE souhaite t’acheter ton dernier livre, sur le maquis du Morvan,
    QUARRE LES TOMBES, DUN LES PLACE QUE J’AI VISITE ou HANTE, pendt mes VACANCES
    QUEL CHEQUE DEVRAI JE LIBELLER LIVRE + PORT FPMG FIDELEMENT MARABOUT

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *