Article 9

bouton scoutLe scout est économe et prend soin du bien d’autrui

Comme les temps ont changé, notre époque croule sous l’abondance et la diversité des biens de consommation. Ça ne plait plus : on jette. L’autre truc brille plus que ce machin: hop ! On change. Entretien ? Connaît pas. Dans la même veine il y les maniaques de leurs petites affaires qui présentent exactement les mêmes caractéristiques que les avares. Ce mois-ci c’est donc sur le 9ème article que nous allons nous pencher :le scout est économe et prend soin du bien d’autrui.

Tout d’abord il est intéressant de constater que cet article développe deux idées qu’on pourrait penser différentes en première approche. C’est le seul article qui propose une conduite vis à vis des biens matériels.

le scout est économe.

Dans quel sens faut-il comprendre économe ? Surtout pas dans le sens d’accumuler des sous. Le scout, ou plutôt la patrouille, n’a pas besoin ordinairement d’accumuler des sous. Le scouts accumule des sous uniquement pour mettre en œuvre un projet de scout. Il faut donc d’abord comprendre économe dans le sens d’avoir horreur du gâchis. Et à notre époque c’est très facilement que l’on gâche. Et ceci porte sur tous les petits gestes de la vie. Pour se laver les mains on prend juste l’eau nécessaire. À table on essaye de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre et on finit son assiette complétement. On ne jette pas de pain, à la fin du repas on le mange. Au démontage d’un bivouac on récupère les bouts de ficelle qui serviront au bivouac suivant. D’une manière générale on se considère comme simple dépositaire des biens matériels mis à notre disposition et non pas propriétaire avec droit absolu sur les choses. On pourrait penser que cet article est assez simple à suivre lorsqu’on est en activité. La nourriture même si elle a été prévue de manière abondante est forcément limitée, même constat pour l’eau et pour toutes sortes de commodités qu’il a fallu porter dans son sac, facteur d’autolimitation. Les entorses à cet article sont pourtant très nombreuses : pas besoin de « barre Mars« , pas besoin de coca, pas besoin de musique en boîte, pas besoin de BD ou de journaux etc. le scout ou la guide se contente de peu, il prélève peu mais il sait le faire fructifier au mieux. Ainsi, pour la nourriture, comme il est compétent, avec peu il sait confectionner un véritable festin. Avec le forestage il prélève peu d’arbres pour se construire quelque chose de confortable et il utilise tout l’arbre. Il sait bien chanter pour égayer ses heures. De la même manière, il part en camp avec un sac léger, il n’emporte pas des montagnes de rechange, il sait entretenir son linge. Il faut savoir faire des choix de simplicité pour avoir l’esprit plus libre car l’accumulation d’objets entrave d’abord l’intelligence puis la liberté. Être économe c’est un style de conduite qui allie à la fois une certaine prudence et une bonne dose de confiance en la Providence. Mais être économe comme décrit ci-dessus nous amène au seuil de la mortification. Une fois atteint le bon niveau de sobriété, avec un tout petit plus ou plutôt un tout petit moins, on s’offre une petite mortification. Excellente pour la progression vers la sainteté. La petite mortification consiste à prendre naturellement un peu moins que notre dû légitime. Oh ! pas beaucoup moins mais juste le geste qui le montre. Exemple concret : au bivouac le repas se termine, au dessert les bananes flambées étaient un régal mais les scouts se sont méfiés de cette innovation. Et il y a du reste à distribuer. Toutes les gamelles se tendent. Arthur le CP déclare qu’il n’a plus très faim et qu’il n’en reprendra pas : Un peu moins que son droit légitime, et il n’aura pas plus faim pour ça. Cette petite mortification passe inaperçue et le CP est même payé ici-bas par la joie de ses garçons qui mangent leur rab de bananes sans même s’apercevoir de la petite mortification du CP. Etre économe c’est donc :

1° ne pas gâcher
2° ne pas s’encombrer
3° entamer la mortification facile.

Dans la vie courante cet esprit d’économie s’applique très facilement à une multitude de petits points. Par exemple, on change de chaussures non pas à cause de la mode mais parce que la paire qu’on termine d’user n’est plus du tout présentable. On accepte volontiers de porter la robe un peu fanée de sa sœur plutôt que d’en acheter une neuve à la mode. Le CP entretien ses outils, son matériel et sa tente pour les faire durer et il ne compte pas sur l’effort des parents ou des paroissiens pour suppléer sa négligence.

Cependant, attention ! Sous couvert d’économie il ne faut pas tomber dans l’avarice. C’est un tempérament que l’on rencontre moins fréquemment que la dissipation mais il éloigne de la même manière de l’esprit scout. On reconnaît ces avares à l’amour immodéré qu’ils portent à leurs petites affaires. En faisant sécher ses chaussettes trempées près du feu, on veillera à ne pas les faire brûler car même si c’est rigolo, c’est tout de même un échec et le Bon Dieu nous demande de nous appliquer même pour faire sécher les chaussettes. Cependant si cela devait arriver on n’en fera pas une maladie et on se débrouillerait sans chaussettes. Finalement la présence de la chaussette n’est pas importante en soi, la chaussette donne l’occasion de faire plaisir au Bon Dieu en la faisant bien sécher. Cela Lui plaira nettement moins de voir qu’on s’attache à elle de manière immodérée. Les choses qui nous accompagnent ont droit à une sorte de respect, non pour elles-mêmes, c’est évident, mais pour ce qu’elles représentent. Un objet c’est toujours de la sueur humaine, une histoire peut-être, un peu d’amour parfois. Mais c’est toujours comme un rappel des innombrables dons de Dieu. Ces choses que le Bon Dieu nous donne pour nous rendre service, nous n’avons pas le droit de les mépriser. Elles sont l’amorce d’un cheminement qui mène à Jésus : LE Don de Dieu.

…et prend soin du bien d’autrui

C’est facile à comprendre, il suffit de se mettre dans la peau de celui qui voit ses affaires abîmées, gâtées, perdues par un autre. Même si ce dernier n’est pas directement responsable, c’est proprement horripilant. Il suffit de se reporter au premier article : mériter confiance. Esquinter ou ne pas prendre soin des affaires que les autres ont eu la gentillesse de mettre à notre disposition est la première cause de la perte de confiance. La confiance est une matière très précieuse impossible à remplacer lorsqu’elle est perdue. Si on doit prendre soin de ses propres affaires, on doit prendre un soin exagéré des affaires des autres. Ça commence par le prêt de tente pour les scouts ou les guides. On se doit de rendre la tente en meilleur état qu’on nous l’a remise. C’est très facile, il suffit souvent de reprendre les trous, de recoudre ou renforcer, de remplacer des tendeurs et de défaire les nœuds que des gens peu soigneux ont laissés s’installer. (Voir la tente) Lorsqu’on rendra la tente on la pliera parfaitement et on aura veillé à la faire sécher complétement auparavant.

On appliquera également cet article avec un soin scrupuleux à l’occasion du prêt d’un terrain pour un camp. La première obligation est d’appliquer les consignes générales de bon sens. Ensuite, si le propriétaire s’est donné la peine d’expliquer des consignes plus précises, bien sûr on se devra de les appliquer. Bien se rappeler que prêter ses affaires est toujours pour celui qui prête une gêne et un renoncement si minime puissent-il paraître. On respectera une attitude de discrétion, vis à vis du propriétaire mais aussi vis à vis du voisinage pour ne pas risquer devoir essuyer des reproches (de la part des honnêtes gens).

Enfin on restitue le bien d’autrui sans tarder, on met à cette action exactement la même ardeur que celle déployée pour obtenir le prêt. Si c’est un terrain que l’on quitte, on laissera rien, absolument rien qui puisse être reproché. Le responsable, CP, CT ou qui que ce soit, fera une inspection poussée du terrain ou des locaux, C’est un DEVOIR ABSOLU. Et surtout… on remercie. Oralement en quittant les lieux (si pas possible, laisser un message succinct dans la boîte aux lettres), puis par un courrier dans la semaine pour un WE et dans les 15 jours pour un camp.

Le bien d’autrui c’est aussi le bien commun.

On lui doit le même respect bien que le propriétaire soit un peu nébuleux. Lorsque les guides sont en vadrouille sur le terrain, mis à part ce qu’elles portent dans les sacs, tout autour d’elles est bien d’autrui. Le chemin, le bas-côté, le barbelé, la vache etc. Mais aussi la beauté du paysage, le silence de la campagne, la majesté de la forêt… ce sont des biens encore plus précieux, que les biens matériels. Sans eux l’homme devient une bête, ou un fou. On se doit donc de les respecter encore plus que les biens matériels. On se doit donc de les rendre plus beaux après notre passage. Commençons déjà par ne pas les souiller de menus déchets ou de cris vulgaires et trouvons de multiples petites actions extrêmement simples qui vont rendre les plus beaux. Il n’est pas interdit de ramasser les déchets des autres lorsque c’est raisonnable. Un chant ou une prière embellit le silence. Un bouquet au pied d’un calvaire et la campagne est plus jolie…

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