Eclaireuses et féminité

parentsPar Gerfaut.

Il est très souvent reproché aux mouvements d’éclaireuses de ne pas développer la féminité chez les guides. Souvent rapportées du grand camp, quelques photos ou vidéos de grands jeux chez les éclaireuses sembleraient conforter ces opinions. Par ailleurs il est indéniable que si les garçons sont facilement mis en valeur par un uniforme scout, il n’en est pas forcément de même avec des jeunes filles.

Tout d’abord une précision importante. Il s’agit de ne pas confondre coquetterie et féminité. La coquetterie est l’une des facettes de la féminité, sans doute la plus voyante mais certainement pas la plus profonde. La féminité est l’ensemble des caractères propres à la femme qui lui permettent de remplir au mieux sa vocation en tant que femme. On peut dire que la femme engendre l’homme ; elle fait naître dans le garçon le héros en puissance (responsable, fort, prévoyant). Sans elle il resterait amputé, sans elle il ne tenterait rien et sans elle il vivrait bien souvent comme un clochard.

scoutisme féminité éclaireuse altruisme

Aux yeux du garçon, la femme paraît toujours intelligente, fine, spirituelle, artiste, sainte, mais il faut bien faire la différence entre le ressenti et la réalité qui souvent est plus difficile à discerner au premier abord. On trouve un tel exemple, dans le sens négatif dans « Le pavillon des cancéreux » de Soljenitsyne. Le jeune Komsomol croit reconnaître la Sainte Vierge dans une jeune fille hospitalisée comme lui et c’est cela qui l’attire (malheureusement, après l’avoir abordée timidement et que des relations se soient établies, sa véritable nature se révèle : une épicurienne vulgaire et stupide. Finalement il sombre elle dans ses vices). C’est ainsi que pour régner dans le cœur d’un homme, la jeune fille doit posséder un minimum sinon elle n’est pas « remarquée » : minimum de sens artistique, esthétique, de culture littéraire, de coquetterie, de générosité. Bien évidemment il n’est pas question de se contenter de cela, et pour leurs filles, les parents doivent viser bien plus haut que ce simple verni d’apparences.

L’apport du scoutisme

La femme est particulièrement douée pour percevoir les émotions et les sentiments complexes des autres. Sa machinerie cérébrale, presque instantanément et sans avoir besoin de réflexion comprend, sait. Mais cette rapidité intuitive s’opère au détriment d’une réflexion rationnelle, elle déduira trop vite sur des indices insuffisants. Elle compatit, hait, s’enthousiasme trop vite et trop fort.

Voici alors le premier apport du scoutisme :

Domestiquer ses émotions

Dans sa patrouille et dans son unité, l’éclaireuse qui va exercer des responsabilités apprendra peu à peu à domestiquer son instinct, ses émotions, ses enthousiasmes. Les responsabilités se présentent lorsque la jeune fille est seconde, chef de patrouille ou plus tard chef d’unité. Au-dessus et au-delà du ressenti immédiat, elle apprendra peu à peu et graduellement à voir le but, le bien commun, la loi objective.

Être au centre

Salut scout au béret cérémonial BLa femme est naturellement au centre : au centre du foyer, au centre de la réunion mondaine, au centre de la vie de ses enfants, au centre des disputes entre hommes. C’est parce que la jeune fille est instinctivement centrée sur elle-même, qu’elle ne perçoit et ne comprend le monde que lorsqu’elle en est le centre. Le garçon ne fonctionne pas de cette manière, il est naturellement égoïste, il voit immédiatement son intérêt et c’est de cette manière qu’il comprend les choses qui l’entourent et le monde en général. Cette tendance égocentrique peut se traduire par le désir de plaire (pas simplement physiquement). Souvent c’est dans un désir de plaire qu’elle est capable de s’occuper des autres. Le scoutisme va l’aider à transformer ce désir de plaire en véritable charité. Et c’est encore une fois l’exercice précoce des responsabilités qui va l’aider à dépasser l’égocentrisme : prévoir, planifier, réaliser malgré les difficultés, obtenir un résultat. S’il n’est pas « travaillé » à temps, l’égocentrisme peut facilement se muer en véritable égoïsme ou qui dénature la femme.

Connaître ses limites par découverte de la réalité

Enfin le scoutisme va lui faire découvrir puis mesurer ses limites féminines. Si la jeune fille devient cheftaine d’unité, elle découvrira la réalité des foyers de ses éclaireuses ou louvettes. En devant régler toute sorte de petits problèmes, elle découvrira dans ces foyers autre chose que ce qu’elle connaissait juste par celui de ses parents. Derrière les apparences extérieures affichées par les familles de ses éclaireuses, grâce à son instinct maintenant domestiqué et parce qu’elle ne place plus nécessairement le centre où elle se trouve, elle saura jauger ces vies familiales. Elle verra celles qui réussissent et comprendra pourquoi mais aussi celles qui échouent et les raisons associées. Ces constats lucides lui montreront que tout ne va pas naturellement bien et qu’à la base il y a des choix. La bonne volonté ne suffit pas, il faut des qualités humaines, pour un projet sérieux, il faut des moyens aussi bien matériels que spirituels. Les uns comme les autres sont nécessairement limités… l’action projetés le sera également.

Apprentissage du plus beau métier

Enfin, en s’occupant des filles de sa patrouille ou de son unité, la jeune fille fait l’apprentissage de sa vocation de mère et de reine du foyer. Il n’y a pas que la tendresse, et la douceur, la réalité d’une mère de famille c’est avant tout la gestion du concret. Il faut faire tourner les choses efficacement, prévenir et régler les conflits dans la famille, en bas comme en haut. Quoi de plus formateur que de tâter ces réalités en dirigeant une patrouille, puis une compagnie ? Gérer et régler les conflits de type « sac de nœuds » dont les filles sont coutumières est une excellente préparation. En outre la relative autonomie dont elle jouit comme éclaireuse lui permet non seulement de se prendre en charge mais aussi d’oser, de se lancer et de construire sa propre histoire et de comprendre que sa vie sera celle qu’elle SE construit et non pas celle que les événements des autres lui impose.

guide3Et ensuite ?

En quittant les éclaireuses, le pli est pris et tous les germes de la future femme sont là en train de germer et certains fleurissent déjà. Plaire n’est plus un tracas, la jeune fille est belle de ses qualités et déjà riche de son « histoire» aux éclaireuses, de son expérience de chef, de ses réussites, de ses camps.

Désormais, elle entrevoit ce qu’elle souhaite pour sa vie. Elle comprendra entre 17 et 20 ans (suivant sa maturité) ce qui lui manque vraiment pour s’épanouir totalement. C’est la véritable découverte de ses limites. Elle saura très jeune ce dont elle a besoin alors que d’autres le comprennent trop tard après avoir cru vivre pleinement. Dégagée des premiers émois, elle sera capable de jauger le jeune homme qui lui plaît au lieu de se concentrer sur ce qu’elle ressent. Elle saura trouver en l’autre son complément indispensable et ainsi elle saura dire oui ou non.

Retour en haut
page précédente : la formation des jeunes : l’apport du scoutisme

page suivante :

3 réflexions au sujet de « Eclaireuses et féminité »

  1. Je trouve cet article profondément misogyne et rétrograde. Désolé pour ces mots forts mais la gène que j’ai éprouvée à la lecture de ce texte ne l’était pas moins…

    1. Nous avons relu l’article et nous vous accordons que certains peuvent le trouver rétrograde. En ce qui concerne son caractère misogyne, il nous semble qu’on y trouve simplement des constats sur le tempérament féminin sur lesquels s’accordent à peu près tous les psychologues et qui sont très abondamment décrits par les romanciers du 19e et 20e siècle. Ne sont pointés que les déviations ou les excès mais pas spécialement le tempérament féminin lui-même qui est ce qu’il est : en soi, ni bon, ni mauvais. En tout cas nous pouvons vous assurer que ce n’est absolument pas le sentiment de l’auteur de cet article. Cependant, comme le ressenti est aussi important que le fond, nous allons lui demander de reprendre cet article pour en gommer certains aspects abrupts et de le rallonger pour éviter certaines ellipses. Ces reprises devraient dissiper cette impression misogyne. Mais elles ne devraient pas modifier la vision que nous avons de la place de la femme au cœur de la société et de la famille et que peut-être vous jugez rétrograde.
      Merci donc de votre réaction qui nous permet d’améliorer notre message.

      Amicalement
      l’équipe ARWANN

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *