Comprendre et lire la carte

Les signes topographiques

La carte au 50 000 ou au 25 000 est une mine de renseignement et bien peu savent l’exploiter. Il est pourtant très simple de se plonger dans l’étude de la légende qui rassemble tous les signes présents sur la carte. J’avoue qu’après 50 ans de scoutisme il arrive encore aux vieux scouts de consulter cette légende pour y découvrir la signification d’un symbole qu’il n’a encore jamais rencontré. Mais avant de connaître tous les symboles topographiques il faut se garder de plusieurs erreurs graves pour les symboles simples.

carte légende 1
carte légende 2

Première erreur : confondre limite de commune, de canton, d’arrondissement ou de département et chemin. Ceux qui ont fait ce genre d’erreur, qui les a immanquablement égarés, auraient pu s’éviter ces déboires par un simple coup d’oeil à la légende. Une erreur plus pernicieuse consiste à prendre une limite de commune pour une haie. C’est d’autant plus tentant que cette limite de commune suit généralement le contour des champs et vraiment sur la carte c’est parfois difficile de faire la distinction.

Deuxième erreur : confondre église et cimetière. Le cimetière est un polygone avec une ou plusieurs croix dedans (suivant sa taille). L’église ou la chapelle c’est un cercle surmonté d’une croix. Lorsque le cimetière est petit, la croix interne occupe toute sa superficie et on le confond avec l’église. L’église ou la chapelle possède toujours un rond. Combien de patrouilles ayant RDV à l’église pour ravitaillement sont arrivées à l’heure au cimetière qui ne se trouve pas souvent au même endroit.

Dernière erreur de pékin : prendre les lignes d’énergie pour des chemins ou des limites administratives. Pourtant ces lignes d’énergie sont facilement identifiables, elles comportent de petites flèches (sur la carte). Bien qu’elles aient plutôt tendance à enlaidir le terrain, elles sont pratiques pour l’orientation car elles restent presque toujours visibles même dans les bois car elles passent en larges trouées.

Lire la carte.

Jusqu’à présent nous avons utilisé la carte comme un instrument, un outil. Mais la carte c’est bien plus que ça. La carte c’est la description très précise d’une région. Évidemment il n’est pas possible de distinguer le style des maisons ni le fumet des plats régionaux mais on y lit la forme des cours d’eau, des lacs, on y découvre le réseau des chemins, les vallées, les vallons, les collines, les escarpements, on y découvre les moulins, les châteaux, l’organisation des villages. Et puis y sont écrits en toutes lettres les noms des lieux, des villages, des bois, des monts et des plaines. Une carte ne se regarde pas, on dit lire la carte ou étudier la carte et c’est exactement ça, . Il y a beaucoup plus d’informations dans une carte que dans un livre. Et lorsque nos yeux s’y portent on doit voir le paysage et le terrain au-delà des signes et des symboles, au-delà des lignes et des couleurs. On doit sentir la fraîcheur de ce petit ruisseau des bois, entendre le vent qui mugit dans ce col. Percevoir déjà les caillasses rouler sous nos pieds, flairer l’humus de la forêt après la pluie. On doit déjà éprouver le terrain et y vivre en esprit. Il faut déjà imaginer les folles poursuites des jeux au milieu des ajoncs et des broussailles. On doit déjà ressentir le poids du jour et apprécier l’amitié du bivouac autour du feu. La carte c’est l’avant-goût du camp, ce doit être le livre de chevet du scout au moins 3 mois avant le camp. Et surtout, nous qui avons la chance d’être Français nous avons aussi la chance d’avoir les meilleures cartes, les plus harmonieuses et les plus lisibles. En France, les sciences géographiques et topographiques ont été peaufinées depuis plusieurs siècles grâce à nos explorateurs, nos colonies à policer mais aussi à cause des nombreuses guerres sur notre territoire.

Question pour un champion

Sur la carte des Andelys un peu à au nord du méandre de la Seine on trouve une source et un peu en aval un point  comme ça  – Ο – ( noir) et il est écrit : Bélier. Qui sait dire ce que cela signifie et ce qu’on devrait trouver sur le terrain ? Réponse cachée dans ces pages. on trouvera aussi la réponse dans le roman de François VILLARS « La Fugue de Verdun »

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